L’annuaire du Gesnois Bilurien vous en parle
Le territoire du Gesnois Bilurien représente aujourd’hui plus de 6 700 emplois, dont 950 concentrés dans 174 entreprises réparties sur nos zones d’activités économiques (ZAE). Ce tissu économique local, dynamique et engagé, traverse actuellement une période difficile, fragilisé par la mise en œuvre de la taxe mobilité issue de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM).
Depuis l’instauration de cette taxe, nos entreprises contribuent au financement d’un service de transport public : un bus reliant Bouloire à Le Mans, censé favoriser la mobilité domicile-travail. Pourtant, sur le terrain, cette solution s’avère largement inadaptée. Elle est sous-utilisée, mal calibrée, et ne répond ni aux besoins de nos salariés, ni à ceux des entreprises qui la financent.
Les chiffres sont parlants. Ce bus transporte en moyenne moins de dix passagers par jour. Son coût annuel est estimé entre 250 000 et 300 000 euros, soit un coût public par usager supérieur à 60 euros par aller-retour. Les horaires proposés sont inadaptés aux rythmes de travail, et la desserte ne couvre pas les principales zones d’activité contributrices. Certaines entreprises locales se voient ainsi prélevées à hauteur de 30 000 euros par an, sans bénéficier d’un quelconque service pertinent en retour.
Parallèlement, nos PME doivent faire face à une baisse de trésorerie moyenne de 18 % depuis 2022, à une hausse des coûts salariaux et de production de l’ordre de 11 % sur deux ans, et à un endettement post-Covid en hausse de 60 % pour 40 % d’entre elles. À cela s’ajoutent un contexte inflationniste, des difficultés de recrutement persistantes et une incertitude fiscale qui pèsent lourdement sur l’avenir.
Le message que nos entreprises reçoivent est dès lors décourageant : risquer, travailler, embaucher semble aujourd’hui synonyme de sanction fiscale.
Face à cette situation, nous avons souhaité faire entendre une voix commune. C’est dans cet esprit qu’une délégation de cinq chefs d’entreprise du territoire s’est réunie avec les représentants publics pour exposer nos constats et nos propositions. Étaient présents : moi-même, en tant que Président du Club des Entreprises du Gesnois Bilurien et dirigeant de Lionce Industries ; Monsieur Léonard Prunier, dirigeant de l’entreprise Prunier ; Monsieur François Bourdin, dirigeant de la Papeterie du Bourray ; Monsieur Yves Macheret, dirigeant de la Fonderie d’art Marcheret ; et Monsieur Guillaume Mauget, dirigeant de Sarthe Solaire.
Nous nous sommes exprimés au nom de toutes les entreprises locales, celles qui créent chaque jour de l’emploi, de la richesse et du lien social sur notre territoire. Nous avons affirmé notre volonté non pas de rejeter la taxe par principe, mais de proposer des solutions concrètes, co-construites, adaptées à notre réalité de terrain.
Voici les propositions que nous avons soumises aux représentants publics :
Ramener le taux de la taxe mobilité à un maximum de 0,40 % pour les zones rurales.
Instaurer un moratoire de deux ans sur cette taxe dans les territoires où l’offre de mobilité est inadaptée.
Mettre en place une fiscalité équitable, tenant compte des spécificités économiques des entreprises locales.
Réaliser un audit complet des dispositifs de mobilité existants, notamment du service de transport Bouloire–Le Mans.
Créer un observatoire public-privé de la mobilité locale, permettant un suivi rigoureux et transparent.
Lancer un groupe de travail avec les entreprises du Gesnois Bilurien, afin de co-construire des alternatives de mobilité réellement utiles et efficaces.
Prévoir des exonérations temporaires pour les entreprises en difficulté ou non desservies.
La réunion s’est déroulée dans un climat d’écoute et de respect mutuel. Monsieur Le Foll a reconnu la légitimité de notre démarche et l’urgence de repenser la pertinence de certaines mesures appliquées de manière uniforme sur des territoires très différents. Il s’est engagé à revenir vers nous d’ici la fin juillet avec des propositions concrètes, prenant en compte les spécificités de notre bassin d’emploi. Il s’est également montré favorable à la création d’un groupe de travail mixte et à l’étude d’un réajustement du taux de la taxe et des exonérations ciblées.
Ce moment d’échange a permis de poser les bases d’un dialogue constructif. Il ne s’agit pas encore d’un aboutissement, mais bien d’une avancée significative vers une meilleure prise en compte de nos réalités.
En conclusion, je tiens à rappeler que nous ne refusons pas l’effort collectif. Nous demandons simplement que celui-ci soit juste, efficace et bâti avec ceux qu’il concerne directement. Ensemble, faisons de la mobilité un véritable levier de développement local, et non un frein à notre vitalité économique.

